Elie Wiesel (1928- ) [Prix Nobel de la paix 1986]

Célébration hassidique


  • Un hassid objectif n'est pas un hassid. (p.20)

  • Lorsque le grand Rabbi Israël Baal Shem-Tov voyait qu'un malheur s'annonçait pour le peuple juif, il avait pour habitude d'aller se recueillir à un certain endroit dans la forêt; là, il allumait un feu, récitait une certaine prière et le miracle s'accomplissait, révoquant le malheur.
    Plus tard, lorsque son disciple, le célèbre Maguid de Mezeritch, devait intervenir auprès du ciel pour les mêmes raisons, il se rendait au même endroit dans la forêt et disait:«Maître de l'univers, prête l'oreille. Je ne sais pas comment allumer le feu, mais je suis encore capable de réciter la prière.» Et le miracle s'accomplissait.
    Plus tard, Le Rabbi Moshe-Leib de Sassov, pour sauver son peuple, allait lui aussi dans la forêt et disait:«Je ne sais pas comment allumer le feu, mais je peut situer l'endroit et cela devrait suffire.» Et cela suffisait: là encore le miracle s'accomplissait.
    Puis ce fut le tour du Rabbi Israël de Rizhin d'écarter la menace. Assis dans son fauteuil il prenait sa tête entre les mains et parlait à Dieu: «Je suis incapable d'allumer le feu, je ne connaît pas la prière, je ne peux même pas retrouver l'endroit dans la forêt. Tout ce que je sais faire, c'est raconter cette histoire. Cela devrait suffire.» Et cela suffisait. (p.172)
    (voir aussi un variante dans Martin Buber : Les récits Hassidiques. Editions du rocher p.477)

  • Quand je me présenterai au tribunal céleste, l'on ne me demandera pas pourquoi je n'étais pas Abraham, Jacob ou Moïse; on me demandera pourquoi je n'étais pas Zousia.
    (Rabbi Zousia) (p.128)[voir aussi dans Martin Buber : Les récits Hassidiques. Editions du rocher p.345]

  • Une femme supplia le Maguid de Koshenitz de prier pour elle; elle n'avait pas d'enfant.
    Ma mère fut aussi malheureuse que toi, et pour les mêmes raisons, lui dit-il. Jusqu'au jour où elle rencontra le Baal Shem-Tov. Elle lui fit cadeau d'une cape. Je naquis une année après.
    - Merci, dit la visiteuse, radieuse. Je ferai comme votre mère. Je vous ferai cadeau d'une cape.
    Le Maguid de Kozhenitz sourit:
    - Non, ça ne servirait à rien. Vois-tu, ma mère ne connaissait pas cette histoire. (p.139)

  • L'homme ne s'abaisse pas par ses échecs mais par les alibis qu'il invoque.
    (Rabbi Mendel de Kotzk (1787- ) (p.239)

    (Editions du Seuil. 1972)


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Le mendiant de Jérusalem


  • Mourir n'est pas une solution, m'affirma-t-il. Et vivre ? Demandai-je. Vivre non plus, répondit-il, mais qui dit qu'il existe une solution ? (p.21)

  • ..aucun lien n'est entier, si le verbe en est exclu. (p.91)

  • La mort d'un homme n'est que la mort d'un homme, tandis que la mort d'un enfant c'est la mort de l'innocence, la mort de Dieu dans le coeur de l'homme. (p.133)

    (Editions du Seuil 1972. Dans le Livre de Poche)


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Tous les fleuves vont à la mer


  • "La pire des malédictions? Pour un père, l'absence d'enfants. Pour un enfant, l'absence de foyer. Pour un croyant, l'absence de justice. Pour un chercheur, l'absence de vérité. Pour un prisonnier, l'absence d'espérance. Pour tout être humain, l'absence d'amis. Sans amis, la liberté n'a ni sens ni portée. Qui n'a pas d'amis n'est qu'un prisonnier hors de prison." (p.63)

    (Edition du Seuil. 1994)


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textes divers


  • ... En vérité, s'il existe une réponse à l'Holocauste, elle est nécessairement - par définition - mauvaise.
    (Extrait de l'essai « For the Dead and the Living », The New Leader, mai 1993.)

  • Tout événement lié à cette période défie l'entendement. Ce n'est pas parce qu'il m'est impossible d'expliquer que vous ne comprendrez pas ; c'est parce que vous ne comprendrez pas qu'il m'est impossible d'expliquer.
    (Extrait de l'essai « For the Dead and the Living », The New Leader, mai 1993.)

  • La mémoire n'est pas seulement une victoire sur le temps, c'est aussi un triomphe sur l'injustice.
    (Extrait de l'essai « For the Dead and the Living », The New Leader, mai 1993.)

  • ...si l'Holocauste a été principalement une tragédie juive, ses implications sont universelles. Certes, toutes les victimes n'étaient pas juives, mais tous les Juifs étaient des victimes. Nous avons appris que tout ce qui arrive à une communauté affecte au bout du compte chaque communauté (...). Nous avons appris que si tout être humain a le droit d'être différent, aucun n'a le droit d'être indifférent à la souffrance (...).
    (Extrait de l'essai « For the Dead and the Living », The New Leader, mai 1993.)


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dernière mise à jour : 20/11/2009 version: YF/12/2001