Voltaire (François-Marie Arouet, dit)(1694-1778)

remarques diverses


  • Nous forgerons des systèmes c'est-à-dire des erreurs. (dictionnaire philosophique)

  • Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. (Extrait de Zadig ou la destinée)

  • Le superflu, chose si nécessaire.

  • Les hommes sont des insectes se dévorant les uns les autres sur un petit atome de boue. (Extrait de Zadig ou la destinée)

  • Je hais vos idées, mais je me ferai tuer pour que vous ayez le droit de les exprimer.

  • Dire le secret d'autrui est une trahison, dire le sien est une sottise.

  • Pour la plupart des hommes, se corriger consiste à changer de défauts.

  • Si Dieu nous a faits à son image, nous le lui avons bien rendu. (Extrait de Le sottisier)

  • Dieu ? Nous nous saluons, mais nous ne nous parlons pas. (Extrait de Correspondance)

  • Un historien est un babillard qui fait des tracasseries aux morts. (Extrait de Le sottisier)

  • Plus les hommes seront éclairés, et plus ils seront libres.

  • L'intérêt que j'ai à croire une chose n'est pas une preuve de l'existence de cette chose. (Extrait des Lettres philosophiques)

  • La religion juive, mère du christianisme, grand-mère du mahométisme, battue par son fils et par son petit-fils. (Extrait de Le sottisier)

  • Il est certain que la nation juive est la plus singulière qui jamais ait été dans le monde. Quoiqu'elle soit la plus méprisable aux yeux de la politique, elle est, à bien des égards, considérable aux yeux de la philosophie.
    (dictionnaire philosophique : les juifs)

  • Ils sont le dernier de tous les peuples parmi les musulmans et les chrétiens, et ils se croient le premier. Cet orgueil dans leur abaissement est justifié par une raison sans réplique; c'est qu'ils sont réellement les pères des chrétiens et des musulmans. Les religions chrétienne et musulmane reconnaissent la juive pour leur mère; et, par une contradiction singulière, elles ont à la fois pour cette mère du respect et de l'horreur. (dictionnaire philosophique : les juifs)

  • On demande aussi quel droit des étrangers tels que les Juifs avaient sur le pays de Chanaan: on répond qu'ils avaient celui que Dieu leur donnait.
    (dictionnaire philosophique : les juifs)


Début de page  Page d'accueil  

Dictionnaire philosophique


  • Les romains, bien plus sages que les grecs, n'ont jamais persecuté aucun philosophe pour ses opinions. (p.80 article! athée, athéisme)

  • Le fanatisme est certainement mille fois plus funeste; car l'athéisme n'inspire point de passions sanguinaire, mais le fanatisme en inspire; l'athéisme ne s'oppose pas aux crimes, mais le fanatisme les fait commettre. (p.85 article: Athée, Athéisme)

  • Ne ressemblons-nous pas presque tous à ce vieux général de quatre-vingt-dix ans qui ayant rencontré de jeunes officiers qui faisaient un peu de désordre avec des filles, leur dit tout en colère : « Messieurs, est-ce là l'exemple que je vous donne ? » (p.110 article: caractère)

  • Malheur à un peuple assez imbécile et assez barbare pour penser qu'il y a un Dieu pour sa seule province! C'est un blasphème. (p.136 article: cathéchisme chinois.)

  • Après qu'on a disputé bien longtemps, et qu'on a vu que toutes ces querelles n'apprenaient aux hommes quà se nuire, on prend enfin le parti de se tolérer mutuellement, et c'est sans contredit ce qu'il y a de mieux à faire. (p.143 article: chétéchisme du Japonnais)

  • Tout est rouage, poulie, corde, ressort, dans cette immense machine. (p.158 article: chaine des évènements)

  • Ce n'est pas l'inégalité qui est un malheur réel, c'est la dépendance. (p.240 article: égalité)

  • L'esprit de parti dispose merveilleusement à l'enthousiasme; il n'est point de faction qui n'ait ses énergumèmes. (p.246 article: enthousiasme)

  • La nature est la même partout, et les usages partout différents. (p.260 aricle: ezechiel)

  • Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? (p.265. article: fanatisme)

  • Quel plaisir cela peut-il faire à Dieu ? Entre nous, dire qu'on croit ce qu'il est impossible de croire, c'est mentir. (p.271 article: foi)

  • Dieu veut que nous soyons vertueux, et non pas que nous soyons absurdes. (p.273 article: foi)

  • La religion naturelle a mille fois empêchée des citoyens de commettre des crimes. Une âme bien née n'en a pas la volonté; une âme tendre s'en effaye; elle se représente un Dieu juste et vengeur. Mais la religion artificielle encourage à toutes les cruautés qu'on exerce de compagnie, conjurations, séditions, brigandages, embuscades, surprises de villes, pillages, meurtres. Chacun marche gaiement au crime sous la banière de son saint. (p.302 article: guerre)

  • L'inquisition est, comme on sait, une invention admirable et tout à fait chrétienne pour rendre le pape et les moines plus puissants et pour rendre tout un royaume hypocrite. (p.326 article: inquisition)

  • Redisons tous les jours à tous les hommes: « La morale est une elle vient de Dieu; les dogmes sont différents, ils viennent de nous. » (p.347 article: juste (du) et de l'injuste)

  • Notre misérable espèce est tellement faite que ceux qui marchent dans le chemin battu jettent toujours des pierres à ceux qui enseignent un chemain nouveau. (p.349 article: lettre, gen de lettres)

  • L'empire romain en a-t-il été moins puissant parce que Cicéron a écrit avec liberté ? (p.356. article: liberté de penser)

  • Il ne tient qu'à vous d'apprendre à penser; vous êtes né avec de l'esprit; vous êtes un oiseau dans la cage de l'inquisition; le Saint-Office vous a rogné les ailes, mais elle peuvent revenir. Celui qui ne sait pas la géométrie peut l'apprendre, tout homme peut s'instruire; il est honteux de mettre son âme entre les mains de ceux à qui vous ne confierez pas votre argent; oser penser par vous même. (p.358. article: liberté de penser)

  • B : ... Nous ne sommes heureux en Angleterre que depuis que chacun jouit librement du droit de dire son avis.
    M : Nous somme aussi fort tranquilles à Lisbonne, où personne ne peut dire le sien.
    B : Vous êtes tranquilles, mais vous n'êtes pas heureux; c'est la tranquilité des galériens, qui rament en cadence et en silence.
    M : Vous croyez donc que mon âme est aux galères ?
    B : Qui; et je voudrais la delivrer.
    M : Mais si je me trouve bien aux galères ?
    B : En ce cas vous méritez d'y être. (p.358/359 article: liberté de penser)

  • A la honte des hommes, on sait que les lois du jeu sont les seules qui soient partout justes, claires, inviolables et executées. Pourquoi l'Indien qui a donné les règles du jeu d'échecs est-il obéi de bon gré dans toute la terre et que les décretales des papes, par exemple, sont aujourd'hui un objet d'horreur et de mépris ? C'est que l'inventeur des échecs combina tout avec justesse pour la satisfaction des joueurs, et que les papes, dans leurs décrétales, n'eurent en vue que leur seul avantage. (p.368 article: Lois)

  • On dit à un soldat pour l'encourager: « Songe que tu es du régiment de Champagne.» on devrait dire à chaque individu : « Souviens-toi de ta dignité d'homme. » (p.381 article: méchant)

  • Un miracle est la violation des lois mathématiques, divines, immuables, éternelles.
    ...
    Or n'est ce pas la plus absurde des folies d'imaginer que l'Etre infini intervertisse en faveur de trois ou quatre centaines de fourmis, sur ce petit amas de fange, le jeu éternel de ces ressorts immenses qui font mouvoir tout l'univers.
    ...
    Ainsi donc, oser supposer à Dieu des miracles, c'est réellement l'insulter (si des hommes peuvent insulter Dieu); c'est lui dire : « Vous êtes un être faible et inconséquent.» Il est donc abdurde de croire des miracles, c'est déshonorer en quelque sorte la Divinité. (p.396..398 article: miracles)

  • On ne peut trop répéter que tous les dogmes sont différents, et que la morale est la même chez tous les hommes qui font usage de la raison. La morale vient donc de Dieu comme la lumière. (p.409 article: morale)

  • ..partout où j'ai passé, j'ai vu qu'on respectait son père et sa mère, qu'on se croyait obligé de tenir sa promesse, qu'on avait de la pitié pour les innocents opprimés, qu'on détestait la persécution, qu'on regardait la liberté de penser comme un droit de la nature, et les ennemis de cette liberté comme les ennemis du genre humain; ... (p.411/412 article: nécessaire)
    Note : il est question dans cet article de la religion musulmane

  • Qu'est ce que la tolérance ? C'est l'apanage de l'humanité. Nous sommes tous pétris de faiblesses et d'erreurs; pardonnons-nous réciproquemement nos sotisses c'est la première loi de la nature. (p.492 article: tolérance)

  • Il est clair que tout particulier qui persécute un homme, son frère, parce qu'il n'est pas de son opinion, est un monstre. (p.494 article: tolérance)

    (Gallimard 1994 collection folio no 2630)


Lien(s): Textes de Voltaire,   Sommaire du dictionnaire philosophique en ligne,   Philosophe,  

Début de page  Page d'accueil  
dernière mise à jour : 16/11/2009 version: YF-06/2001