Stendhal (1783-1842) [ Henri Beyle dit .]

De l'amour


  • L'homme n'est pas libre de ne pas faire ce qui lui fait plus de plaisir que toutes les autres actions possibles. (p.38)

  • L'amour est comme la fièvre, il naît et s'éteint sans que la volonté y ait la moindre part. (p.38)

  • Dès que les femmes entreprennent des raisonnements généraux, elles font de l'amour sans s'en apercevoir. (p.42)

  • Du moment qu'il aime, l'homme le plus sage ne voit plus aucun objet tel qu'il est. (p.51)

  • Ce qu'il y a de plus étonnant dans la passion de l'amour, c'est le premier pas, c'est l'extravagance du changement qui s'opère dans la tête d'un homme. (p.52)

  • Qui s'avise de devenir amoureux d'une reine, à moins qu'elle ne fasse des avances ? (p.53)

  • Tout grand poète ayant une vive imagination est timide, c'est-à-dire qu'il craint les hommes pour les interruptions et les troubles qu'ils peuvent apporter à ses délicieuses rêveries. (p.56)

  • Un homme rencontre une femme, et est choqué de sa laideur; bientôt, si elle n'a pas de prétentions, sa physionomie lui fait oublier les défauts de ses traits, il la trouve aimable et conçoit qu'on puisse l'aimer; huit jours après il a des espérances, huit jours après on les lui retire, huit jours après il est fou. (p.60)

  • C'est la grande arme de la coquetterie vertueuse. On peut tout dire avec un regard, et cependant on peut toujours nier un regard, car il ne peut pas être répété textuellement. (p.89)

  • Le plus grand bonheur que puisse donner l'amour, c'est le premier serrement de main d'une femme qu'on aime. (p.111)

  • On est ce qu'on peut, mais on sent ce qu'on est. (p.115)

  • Ce qu'il y a peut-être de plus sage, c'est de se faire soi-même son propre confident. (p.120)

  • On connaît en France l'anecdote de Mlle de Sommery, qui, surprise en flagrant délit par son amant, lui nie le fait hardiment, et, comme l'autre se récrie:
    - Ah je vois bien, lui dit-elle, que vous ne m'aimez plus; vous croyez plus ce que vous voyez que ce que je vous dis. (p.128)

  • ..L'ennui, ce grand ennemi des gens heureux. (p.140)

  • On ne peut guère arrêter l'amour que dans les commencements. (p.146).

  • L'amour est une fleur délicieuse, mais il faut avoir le courage d'aller la cueillir sur les bords d'un précipite affreux. (p.154)

  • J'aimerais presque mieux que ma femme, dans un moment de colère, essayât de me donner un coup de poignard une fois par an que de me recevoir avec humeur tous les soirs. (p.217)

  • Les ignorants sont les ennemis nés de l'éducation des femmes. (p.217)

  • Une des plus belles prérogatives de l'esprit, c'est qu'il donne de la considération à la vieillesse. (p.226)

  • On peut tout acquérir dans la solitude, hormis du caractère. (p.51)

  • C'est le défaut du commerce, il rend prosaïque. (p.254)

  • On ne peut avoir de courage envers ce qu'on aime qu'en l'aimant moins. (p.262)

  • Goethe, ou tout autre homme de génie allemand, estime l'argent ce qu'il vaut. Il ne faut penser qu'à sa fortune tant qu'on n'a pas six mille francs de rente, et puis n'y plus penser. Le sot, de son côté, ne comprend pas l'avantage qu'il y a à sentir et penser comme Goethe; toute sa vie, il ne sent que par l'argent et ne pense qu'a l'argent. C'est par le mécanisme de ce double vote que dans le monde les prosaïques semblent l'emporter sur les coeurs nobles. (p.266)

    (collection Pocket)


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