Michaël J. Sandel (1953 - ....)

Ce que l'argent ne saurait Acheter (préface de Jean-Pierre Dupuis)


  • Préface
    La question que traite Michaël Sandel est de savoir ce que devrait être la place du marché dans une société démocratique et juste.
    [...]
    L'idéologie dominante outre-Atlantique fait du marché la référence absolue ; pour nous, c'est l'État. (p.7)


  • Il y a certes des choses que l'on ne peut acheter à prix d'argent, mais plus beaucoup par les temps qui courent. De nos jours, tout ou presque est à vendre. Voici quelques exemples :
    - Une cellule de prison améliorée : [...]
    - L'accès à la voie réservée auw véhicules à occupation multiple : [...]
    - Le recours à une mère porteuse indienne pour mener une grossesse à termes : [...]
    - Le droit d'immigrer au États-Unis : [...]
    - Le droit d'abattre un rhinocéros noir menacé d'extinction : [...]
    - Le numéro du téléphone portable de votre médecin : [...]
    - Le droit m'émettre une tonne métrique de carbone dans l'atmosphère : [...]
    - L'admission de votre enfant dans une une université prestigieuse : [...]
    - Louez votre front (ou n'importe quelle autre partie de votre corps) à un annonceur publicitaire : [...]
    - Servez de cobaye humain à une firme pharmaceutique qui désire tester l'innocuité d'un nouveau médicaments : [...]
    - combattez en Somalie ou en Afghanistan dans les rangs d'une société militaire provée : [...]
    - patientez toute la nuit dans une fille d'attente à la place d'un lobbyiste qui souhaite assister à une audience parlementaire : [...]
    - Si vous êtes élève de CE1 dans une mauvaise école de Dallas, lisez un livre : [...]
    - Si vous êtes obèse, perdez sept kilos en quatre mois : [...]
    - Rachtee la police d'assurance-vie d'un individu souffrant ou agè, acquittez les primes annuelles tant que le souscripteur est vivant puis touchez son captial décès à sa mort : des millions pottentiellement (tout dépend de la sorte de police souscrite).
    (p.33 à 37)

  • Les valeurs marchandes ayant fini par jouer un rôle de plus en plus grand dans la vie sociale, l'économie n'allait pas tarder à acquérir une dimension impériale. (p.38)

  • L'immixtion du marché, et des raisonnements qu'il induit, dans les aspects de la vie traditionnellement régis par des normes non marchandes est l'une des évolutions les plus significatives de notre temps. (p.39)

  • Pourquoi s'inquiéter à l'idée que nous vivrons de plus en plus dans une société où tout sera à vendre ?
      Pour deux raisons: l'ue à trait à l'inégalité; l'autre à la corruption. [...] Plus l'argent perment d'acheter de biens, l'aissance matérielle (ou son absence) importe.
    [...]
    Quand tout ce qu'il y a de bons est susceptible d'être acheté et vendu, l'argent devient déterminant.
    [...]
    En plus d'élargir le fossé entre riches et pauvres; la marchandisation de tout a rendu l'inégalité plus douloureuse en donnant plus de poids à l'argent.
    [...]
    [...] mettre un prix sur les meilleures choses de la vie peut suffire à les corrompre. (p.41/42)

  • Certaines des bonnes choses de la vie sont corrumpuee ou dégradées si elles deviennent des marchandises. (p.43)

  • [...] sans nous en rendre vraiment compte ni même avoir décidé de le faire, nous n'avons plus une économie de marché : nous sommes devenus une société de marché. (p.44)

  • L"amoralisme de la vie politique contemporaine a diverses sources: il tient en premier lieu à la tentative de bannir les conceptions de la vie bonne du discours public. (p.48)

  • Un débat afférant aux limites morales du marché nous donnerait la possibilité de décider collectivement où celui-ci sert le bien public et où il n'en participe pas; et il dynamiserait de surcroît notre politique en portant des conceptions rivales de la vie bonne sur la place publique. (p.49)

  • En réalité le défi moral et politique qui nous incombe aujourd'hui de relever est à la fois plus généralisé et plus prosaïque : il ne s'agit rien de moins que de repenser le rôle et l'impact du marché, dans nos pratiques sociales tout autant que dans nos relations humaines et notre vie quotidienne. (p.50)

  • Chapitre 1 : Coupe-files

  • Assimiler des rituels religieux ou des merveilles de la nature à des marchandises commercialisables, c'est en effet leur manquer de respect - tout bien sacré transformé en source de profit se oit accorder une valeur inédéquate. (p.83)

  • Les normes changent parfois tellement que l'on ne sait plus trop quel principe devrait prévaloir. (p.86)

  • Chapitre 2 : Incitations

  • La corruption consiste à acheter et à vendre quelque chose (un verdict favorable, disons , de l'influence politique) qui ne devrait pas être mis en vente. (p.93)

  • Ls backchichs sanitaires nous poussent à faire quelque chose que nous devrions de toute façon faire : il nous conduisent à prendre une bonne décision pour une mauvaise raison. (p.113)

  • Si l'argent peut nous guérir de l'obésité, pourquoi ergoter à propos de ce risque de maniputlation ? Un première réponse possible, c'est que le souci du bien-être physique fait partie intégrante du respect de soi; [...] (p.113)

  • Payer des êtres humains pour qu'ils vivent sainement risque de se révéler contre-productif en dispensant de cultiver les valeurs qui permettent de bien se porter. (p.114)

  • Pourquoi ne pas payer un enfant pour qu'il obtienne de bonnes notes ou lise un livre ? (p.115)

  • [...] le marche est plus qu'en simple mécanisme : il incarne, préessuppose et promeut certaines normse d"évalutation des bients échangés.
    [...]
    [...] il (le marché) laisse une marque spécifique sur les normes sociales, les incitations marchandes érodant ou évinçant fréquemment les incitations non marchandes.
    L'étude de plusieurs crèches israéliennes a montré comment cela peut se produire. Les établissements en question étaient confronté à une diffilulté familière: les parents ne récupérant pas toujours leurs enfantss en temps voulu, une puéricultrice devait rester avec les petits jusqu'à ce que leur père ou leur mère vienne les chercher, si tard que cela soit. Pour régler ce problème, les crèches concernées ont infligé une amende aux parents retardataires, et que croyez-vous qu'il arriva ? Encore plus de parents arrivèrent en retard.
    Si l'on suppose que les êtres humains réagissent aux incitations, c'est un résulat embarrassant, car on s'attendrait à ce que l'application d'une amende en cas de retard parental réduise l'incidence des récupérations d'enfants tardives plûtôt que le contraire; Alors, que s'est-il passé ? L'instauration d'un paiement monétaire avait modifié les normes en vigueur: ne se sentant plus coupables comme auparavant de contraindre les puéricultrices à les attendre, les parents en étaient venus à penser que la possibilité d'arriver en retard était un service qu'ils étaient prêts à s'offrir ; confondant amende et frais, ils avaient payé le surcroît de travail de quelqu'un au lieu de le lui imposer.
    Quelle différence y a t-il entre une amende et des frais ? On ne saurait trop méditer sur ce distinguo. Les amendes expriment une désapprobation morale, tandis que les frais, sont de simples prix n'impliquant aucun jugement moral. (p.120/121)

    (Editions du Seuil 2014. Traduction de l'Anglais (USA) par Christian Cler - .Original 2012: "What Money Can't Buy" Macmillan USA)


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dernière mise à jour : 26/05/2016 version: YF/05/2016