César Pavese (1908-1950)

Le métier de vivre


  • N'est-ce pas déjà l'expression d'un jugement que d'observer que l'arbre est vert? (p.25)

  • Il faut devenir plus femme. (p.63)

  • Mais voici le plus atroce: l'art de la vie consiste à cacher aux personnes les plus chères la joie que l'on a être avec elles, sinon on les perd. (p.69)

  • On cesse d'être jeune quand on comprend qu'il ne sert à rien de dire une douleur. (p.69)

  • Mais la grande, la terrible vérité, c'est celle-ci : souffrir ne sert à rien. (p.79)

  • Pourquoi est-il déconseillé de perdre la tête ? Parce qu'alors on est sincère. (p.87)

  • L'art de vivre, c'est l'art de savoir croire aux mensonges. (p.99)

  • Aimer sans restrictions mentales est un luxe qui se paie, se paie, se paie. (p.103)

  • La plus atroce souffrance que l'on puisse faire à un homme c'est de nier qu'il souffre. (p.145)

  • Les malheurs ne suffisent pas pour faire d'un con une personne intelligente. (p.157)

  • Pour exprimer la vie, il ne faut pas seulement renoncer à beaucoup de choses, mais avoir le courage de taire se renoncement. (p.228)

  • La vie n'est pas recherche d'expériences mais de soi-même. (p.238)

  • Au fond, le secret de la vie, c'est de faire comme si nous avions ce qui nous manque le plus douloureusement. (p.260)

  • La richesse de la vie est faite de souvenirs oubliés. (p.326)

  • La grande tâche de la vie c'est de se justifier. (p.343)

  • Celui qui ne sait pas vivre avec charité et embrasser la douleur des autres est puni en ceci qu'il sent avec une violence intolérable sa propre douleur. (p.352)

  • Rappelle-toi que rien ne t'est dû. En fait que mérites-tu La vie t'était-elle due, quand tu es né ? (p.358)

  • Les leçons ne se donnent pas, elles se prennent. (p.377)

  • [...Parce que] la richesse d'une oeuvre - d'une génération - est toujours donnée par la quantité de passé qu'elle contient. (p.396)

  • Celui qui n'a pas de grandes répugnances ne lutte pas. (p.400)

  • Ce n'est pas que les choses arrivent à chacun selon un certain destin, mais que chacun interprète les chose qui sont arrivés, s'il en a la force, les disposant selon un certains sen - ce qui revient à dire, selon un certains destin. (p.404)

  • Notre crise, c'est que nous ne croyons plus à la distinction entre choses sacrées et choses profanes. (p.413)

  • Efficacité de l'amour, de la douleur, des péripéties; on interrompt son travail, on redevient adolescent, on découvre la vie. (p.424)

  • L'idée du suicide était une protestation de la vie. Quelle mort que de ne plus vouloir mourir. (p.448)

  • On ne se tue pas par amour pour une femme. On se tue parce qu'un amour, n'importe quel amour, nous révèle dans notre nudité, dans notre misère, et dans notre état désarmé, dans notre néant. (p.459)

    (Gallimard 1958. Dans la collection Folio. Traduit de l'italien par Michel Arnaud)



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