Marc-Aurèle (121-180)

Pensées pour moi-même


  • Lire avec attention, et ne pas se contenter d'une intelligence globale. (Livre I,7)

  • Ne se guider sur rien autre, même pour peu de temps, que sur la raison,... (Livre I,8)

  • Ne pas s'impatienter au cours de ses explications; (Livre I,8)

  • Etre d'une évidence nette. (Livre I,14)

  • ..la bonne humeur en toutes circonstances,... (Livre I,15)

  • Donner l'idée d'un caractère droit plutôt que redressé. (Livre I,15)

  • Quant à ta soif de livres, rejette-la, afin de ne pas mourir en murmurant, mais véritablement apaisé et le coeur plein de gratitude envers les Dieux. (Livre II,3)

  • Accomplis chaque action comme étant la dernière de la vie. (Livre II,5)

  • Tout faire, tout dire et tout penser en homme qui peut sortir à l'instant de la vie. (Livre II,11)

  • Quand tu devrais vivre trois fois mille ans, et même autant de fois dix mille ans, souviens-toi pourtant que nul ne perd une vie autre que celle qu'il vit, et qu'il ne vit pas une vie autre que celle qu'il perd. Par là, la vie la plus longue revient à la vie la plus courte... (Livre II,14)

  • Il ne faut pas seulement considérer que la vie chaque jour se consume et que la part qui reste diminue d'autant. Mais il faut encore considérer ceci : à supposer qu'un homme vive longtemps, il demeure incertain si son intelligence restera pareille et suffira dans la suite à comprendre les questions et à se livrer à cette spéculation qui tend à la connaissance des choses divines et humaines. Si cet homme, en effet, vient à tomber en enfance, il ne cessera ni de respirer, ni de se nourrir, ni de former des images, ni de se porter à des impulsions, ni d'accomplir toutes les autres opérations du même ordre; mais la faculté de disposer de soi, de discerner avec exactitude tous nos devoirs, d'analyser les apparences, d'examiner même s'il n'est point déjà temps de sortir de la vie, et de juger de toutes les autres considérations de ce genre qui nécessitent une raison parfaitement bien exercée, cette faculté dis-je, s'éteint la première. Il faut donc se hâter, non seulement parce qu'à tout moment nous nous rapprochons de la mort, mais encore parce que nous perdons, avant de mourir, la compréhension des questions et le pouvoir d'y prêter attention. (Livre III,1)

  • Il faut donc être droit, et non pas redressé. (Livre III,5)

  • L'homme qui, avant tout, à opté pour sa raison, son génie et le culte dû à la dignité de ce génie, ne joue pas la tragédie, ne gémit pas et n'a pas besoin ni d'isolement ni d'affluence. (Livre III,7)

  • ...veilles à ce que soit toujours conservé pur ton génie intérieur,... (Livre III,12)

  • Tu ne saurais bien faire aucune chose humaine, sans la rapporter en même temps aux choses divines, et inversement. (Livre III,13)

  • ..avoir l'intelligence pour se guider vers ce qui paraît être de notre devoir. (Livre III,16)

  • Ne jamais embrouiller ni abasourdir par une foule d'images le génie intérieur qui réside au fonde de sa poitrine,... (Livre III,16)

  • N'accomplis aucun acte au hasard, ni autrement que ne le requiert la règle qui assure la perfection de l'art. (Livre IV,2)

  • ..tu peux, à l'heure que tu veux, te retirer en toi-même. (Livre IV,3)

  • Et, avant tout, ne te tourmente pas, ne te raidis pas; mais sois libre et regarde les choses en être viril, en homme, en citoyen, en mortel. (Livre IV,3)

  • Le monde entier est comme une cité. (Livre IV,4)

  • L'intelligence vient de quelque part. (Livre IV,4)

  • N'agis point comme si tu devais vivre des milliers d'années. L'inévitable est sur toi suspendu. Tant que tu vis, tant que cela t'est possible, devient homme de bien. (Livre IV,17)

  • Dans toute représentation, sauvegarde ta faculté de comprendre. (Livre IV,22)

  • Sois sobre à te donner relâche. (Livre IV,26)

  • Tout est éphémère, et le fait de se souvenir, et l'objet dont on se souvient. (Livre IV,35)

  • Si l'un des Dieux te disait : « Tu mourras demain ou, en tout cas, après-demain », tu n'attacherais plus une grande importance à ce que ce soit dans deux jours plutôt que demain, à moins d'être le dernier des rustres, car qu'est-ce que ce délai. De même, ne crois pas que mourir dans beaucoup d'années plutôt que demain, soit de grande importance. (Livre IV,47)

  • Ceci n'est pas un revers, mais c'est un bonheur que de noblement le supporter. (Livre IV,49)

  • C'est pour faire oeuvre d'homme que je m'éveille. (Livre V,1)

  • S'il est bien d'agir ou de parler, ne t'en juge pas indigne. (Livre V,3)

  • A quoi donc en ce moment fais-je servir mon âme ? (Livre V,11)

  • Telles que sont le plus souvent tes pensées, telle sera ton intelligence, car l'âme se colore par l'effet des pensées. (Livre V,16)

  • Poursuivre l'impossible est d'un fou. or, il est impossible que les méchants ne commettent point quelques méchancetés. (Livre V,17)

  • Médite fréquemment la rapidité avec laquelle passent et se dissipent les êtres et les évènements. (Livre V,23)

  • Regarde au fond des choses. Que la qualité particulière et la valeur d'aucune ne passent pas inaperçues pour toi. (Livre VI,3)

  • Qui a vu ce qui est dans le présent a tout vu, et tout ce qui a été de tout éternité et tout ce qui sera dans l'infini du temps; car tout est semblable et de même aspect. (Livre VI,37)
    (Voir aussi la Bible : L'ecclésiaste)

  • Bientôt tu auras tout oublié; bientôt tous t'auront oublié. (Livre VII,21)

  • Lorsqu'un homme a commis une faute contre toi, considère aussitôt quelle opinion il se fait du bien ou du mal. (Livre VII,26)

  • Sur la douleur: Ce qui est intolérable tue, ce qui dure est tolérable. (Livre VII,33)
    (voir aussi le mot de Nietzsche : « On meurt ou on s'habitue »)

  • Creuse au-dedans de toi. Au-dedans de toi est la source du bien, et une source qui peut toujours jaillir, si tu creuses toujours. (Livre VII,49)
    (voir aussi le mot de Nietzsche : « Creuse profond, en bas c'est la source »)

  • Prends garde de ne jamais avoir envers les misanthropes les sentiments qu'ont les misanthropes à l'égard des hommes. (Livre VII,65)

  • Il est parfaitement possible, en effet, d'être un homme divin et de n'être remarqué par personne. (Livre VII,67)

  • La perfection morale consiste et ceci : à passer chaque jour comme si c'était le dernier, à éviter l'agitation, la torpeur, la dissimulation. (Livre VII,68)

  • Il est ridicule de ne point échapper à sa propre malignité, ce qui est possible, et de vouloir échapper à celle des autres, ce qui est impossible. (Livre VII,71)

  • ...Ne te lasse donc point de te rendre service, en obligeant les autres. (Livre VII,74)

  • Avant tout, ne te trouble point; tout arrive, en effet, conformément à la nature universelle, et sous peut de temps, tu ne seras plus rien, comme ne sont rien Hadrien et Auguste. (Livre VIII,5)

  • Qui que ce soit que tu rencontres, commence aussitôt par te dire: « Cet homme, quel principes a-t-il sur les biens et sur les maux ? » (Livre VIII,14)

  • Sois attentif à l'objet qui t'occupe, à ce que tu fais, à ce que tu penses, à ce que tu veux faire entendre. (Livre VIII,22)

  • Je ne mérite pas de m'affliger moi-même, car je n'ai jamais volontairement affligé autrui. (Livre VIII,42)

  • Ce n'est pas dans ce qu'il éprouve mais dans ce qu'il accomplit que se trouve le bien et le mal d'un être raisonnable et social, tout comme la vertu et le vice ne sont pas pour lui dans ce qu'il subit mais dans ce qu'il accomplit. (Livre VIII,56)

  • La perte de la vie n'est pas autre chose qu'une transformation. (Livre IX,35)

  • ...Seras-tu donc un jour telle que tu puisse vivre dans le société des Dieux et des hommes sans te plaindre d'eux et sans leur donner sujet de t'accuser ? (Livre X,1)

  • Il ne s'agit plus du tout de discourir sur ce que doit être l'homme de bien, mais de l'être. (Livre X,16)

  • Si ce n'est pas convenable, ne le fais pas; si ce n'est pas vrai, ne le dis pas. Que la décision provienne de toi. (Livre XII,17)

    (Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.)



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dernière mise à jour : 20/11/2009 version: YF-11/2000