Victor Hugo (1802-1885)

Les misérables.


  • Vrai ou faux, ce qu'on dit des hommes tient souvent autant de place dans leur vie et surtout dans leur destinée que ce qu'ils font. (livre 1)

  • Ce qu'il faut toujours prévoir c'est l'imprévu. (livre 14)


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Un poème ... souvenir d'école pour


  • Après la bataille

    Mon père, ce héros au sourire si doux,
    Suivi d'un seul housard qu'il aimait entre tous
    Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
    Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,
    Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
    Il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit.
    C'était un Espagnol de l'armée en déroute
    Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
    Râlant, brisé, livide, et mort plus qu'à moitié.
    Et qui disait: « A boire! à boire par pitié !"
    Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
    Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
    Et dit: «Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé.»
    Tout à coup, au moment où le housard baissé
    Se penchait vers lui, l'homme, une espèce de maure,
    Saisit un pistolet qu'il étreignait encore,
    Et vise au front mon père en criant: «Caramba!»
    Le coup passa si près que le chapeau tomba
    Et que le cheval fit un écart en arrière.
    « Donne-lui tout de même à boire », dit mon père.


    (Recueil : La légende des siècles)


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dernière mise à jour : 18/04/2015 version: YF-11/2000