Catherine Cusset (1963- )

A vous


  • Mais la mémoire de ce qu'on ne peut pas dire ne disparaît pas. (p.141)

  • Le silence d'un ancien amant s'explique. De ce silence, on se guérit en se vengeant par l'oubli. (p.142)

    (Editions Gallimard. 1996. Collection Folio)


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La haine de la famille


  • Maman ne peut pas supporter qu'on mette en cause l'unicité de la Shoah : Il n'y a pas d'horreur égalant cette volonté systématique de détruire une race. Il n'existe aucun équivalent à cause de l'énormité du mensonge et de la déterritorialisation de la destruction. Jusque-là, on avait toujours détruit les ennemis parce qu'ils occupaient un territoire : il y avait donc, même dans les meurtres les plus froids, un fond de passion. Il s'agissait de défendre une religion, une terre, un pays, une idéologie. Mais la Shoah est une destruction abstraite qui ne s'effectue au nom de rien hormis la « pureté » de la race. C'est un mensonge géant, l'aberration de l'universalisation : on arrache les gens à leur pays, à leur terre, on les transporte en les nommant « marchandise » sur les papiers, on les envoie au centre de l'Europe, en un point où convergent le plus grand nombre de lignes de trains possible, seulement pour se faire gazer. Ils ne sont pas enregistrés, ils n'ont pas de nom, ils n'existent pas. C'est le seul grand événement du vingtième siècle. Il n'y a rien de comparable dans l'histoire de l'humanité. (p.206)

  • ..On ne fait pas le deuil d'Auschwitz. (p.215)

  • Il n'est pas de plus grand plaisir que d'écrire, quand on a le bon destinataire : la vie, en fin de compte, n'existe que d'être solidifiée par les mots, transformée en récit plein de dérision. (p.258)

    (Editions Gallimard. 2001. Collection Folio)



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dernière mise à jour : 13/11/2009 version: YF/10/2003