André Comte-Sponsville (1952- )

Petit traité des grandes vertus


  • Il s'agit de n'être pas indigne de ce que l'humanité a fait de soi, et de nous. (p.12)

  • Les bonnes manières précèdent les bonnes actions, et y mènent. (p.21)

  • Toute la dignité de l'homme est dans la pensée; toute la dignité de la pensée est dans la mémoire. (p.32)


    (Presses Universitaires de France,1995. Collection Points)


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Dictionnaire philosophique


  • [Suicide]
    ...j'y vois un droit [...] Ce n'est ni un sacre ni un sacrement.Ni une morale ni une métaphysique. Se suicider, c'est choisir non la mort (c'est un choix que l'on n'a pas: il faudra mourir de toute façon) mais le moment de sa mort. (p.564)

    (Presses Universitaires de France.2001)


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Le bonheur, désespérément

conférence transcrite et corrigée par l'auteur


  • Si la philosophie ne nous aide pas à être heureux, ou à être moins malheureux, à quoi bon la philosophie ? (p.11)

  • ..Si la philosophie a le choix entre une vérité et un bonheur, il n'est philosophe, ou digne de l'être, qu'en tant qu'il choisit la vérité. Mieux vaut une vraie tristesse qu'une fausse joie. (p.16)

  • Toute définition de la philosophie engage déja une philosophie. (p.16)

  • Pourquoi la sagessest-elle nécessaire ? Parc que nous ne sommes pas heureux. (p.17)

  • Un jour, Malraux rencontre un vieux prêtre catholique; et ce qui fascine le libre-penseur qu'était Malraux, dans ce personnage du vieux prêtre, c'est surtout ce qu'il lui suppose à juste titre d'expérience de confesseur. Malraux l'interroge : Mon père, dites-moi ce que vous avez découvert, dans cette vie de confesseur, ce que vous a appris, cette longue intimité avec le secret des âmes... Le vieux prêtre réfléchit quelques instants, puis répond à Malraux, je cite de mémoire: « Je vous dirai deux choses. La première, c'est que les gens sont beaucoup plus malheureux qu'on ne le croit. La deuxième, c'est qu'il n'y a pas de grandes personnes »... (p.18)

  • La pensée doit se soumettre au plus vai, ou au plus vraisemblable, non au plus avantageux. (p.30)

  • ..Ce qui distingue l'espérance de la volonté : une espérance, c'est un désir dont la satisfaction ne dépend pas de nous, comme disaient les stoïciens - par différence avec le volonté laquelle, au contraire, est un désir dont la satisfaction dépend de nous. (p.39)

  • Ce n'est pas l'espérance qui fait les héros : c'est le courage et la volonté. (p.42)

  • Quelle différence y a t-il entre l'espérance et la volonté ? Il y a désir dans les deux cas. Mais l'espérance, ou l'a vu, est un désir qui porte sur ce qui ne dépend pas de nous; la volonté, un désir qui porte sur ce qui dépend de nous. (p.43)

  • S'il n'y a pas d'espoir sans crainte ni de crainte sans espoir, il faut en conclure que le sage, selon Spinoza, n'espère rien. La sagesse, c'est la sérénité, l'absence de crainte... Puisqu'il n'y a pas d'espoir sans, si le sage est sans crainte, c'est qu'il est sans espoir. (p.45)

  • ...Nous n'aurons de bonheur qu'à proportion du désespoir que nous serons capables de supporter, d'habiter, de traverser.
    ...
    C'est le désespoir au sens où Gide disait joliment : « Je voudrais mourir totalement désespéré. » Cela ne signifiait pas qu'il voulait mourir dans la tristesse, mais qu'il voulait mourir dans un état où il n'aurait plus rien à espérer, ce qui est la seule façon, en effet, de mourir heureux. (p.49)

  • [pour le sage :] Ce n'est pas le manque qui lui manque; c'est la puissance de jouir de ce qui ne manque pas. (p.51)

  • Imaginez que quelqu'un vous dise, ce soir, tout à l'heure : « Je suis joyeux à l'idée que tu existes. » Ou bien : « Il y a une joie en moi; et la cause de ma joie, c'est l'idée que tu existes.» Ou encore, plus simplement : « Quand je pense à toi, cela me rend joyeux... » Vous prendrez cela comme une déclaration d'amour, et vous aurez raison. Mais vous aurez aussi beaucoup de chance. D'abord parce que c'est une déclaration spinoziste d'amour, ce qui n'arrive pas tous les jours (beaucoup de gens sont morts sans avoir entendu ça : profitez-en bien !). Ensuite, et surtout, parce que c'est une déclaraion d'amour qui ne vous demande rien. Et ça, c'est proprement exceptionnel... (p.51/52)

    (Editions Pleins Feux, 2000- Collection Librio N° 513)



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dernière mise à jour : 18/12/2013 version: YF/06/2003