Claude Bernard (1813-1878)

Introduction à l'étude de la médecine Expérimentale

(Claude Bernard est de ceux qui ont permis que la médecine passe du statut d'art à celui de science)




  • Première partie: Du raisonnement expérimental


  • Les effets varient en raison des conditions qui les manifestent, mais les lois ne varient pas. (p.31)

  • Il y aura donc deux choses à considérer dans la méthode expérimentale: 1° l'art d'obtenir les faits exacts au moyen d'une investigation rigoureuse; 2° l'art de les mettre en oeuvre au moyen d'un raisonnement expérimental afin d'en faire ressortir la connaissance de la loi des phénomènes. (p.34)

  • L'expérience n'est au fond qu'une observation provoquée. (p.44)

  • L'homme est naturellement métaphysicien et orgueilleux;... (p.55)

  • Toute connaissance humaine se borne à remonter des effets observés à leur cause. (p.64)

  • Un fait n'est rien par lui-même, il ne vaut que par l'idée qui s'y rattache ou par la preuve qui fournit. (p.93)

  • Le principe absolu des sciences expérimentales et un déterminisme nécessaire et conscient dans les conditions des phénomènes. (p.94)

  • La vraie science apprend à douter et à s'abstenir dans l'ignorance. (p.96)

  • La contre-épreuve devient donc le caractère essentiel et nécessaire de la conclusion du raisonnement expérimental. (p.97)



  • Deuxième partie: De l'expérimentation chez les être vivants


  • Les causes premières ne sont pont du domaine scientifiques, et elle nous échapperont à jamais ... (p.114)

  • L'essence des choses devant nous rester toujours ignorée, nous ne pouvons connaître que les relations de ces chose, et les phénomènes ne sont que des résultats de ces relations. (p.114)

  • La loi nous donne le rapport numérique de l'effet à sa cause, et c'est là le but auquel s'arrête la science. (p.114)

  • Il faut admettre comme un axiome expérimental que chez les êtres vivants aussi bien que dans les corps bruts les conditions d'existence de tout phénomène sont déterminées d'une manière absolue [souligné par l'auteur]... La négation de cette proposition ne serait rien autre chose que la négation de la science même. (p.116)

  • Je dis que le mot exception est antiscientifique; en effet, dès que les lois sont connues, il ne saurait y avoir d'exception, et cette expression, comme tant d'autres, ne sert qu'à nous permettre de parler de choses dont nous ignorons le déterminisme. (p.119)

  • Les faits ne n'excluent jamais, ils s'expliquent seulement par les différences de conditions dans lesquelles ils sont nés. (p.121)

  • Cette application des mathématiques aux phénomènes natureles est le but de toute science, parce que l'expression de la loi des phénomènes doit toujours être mathématique. (p.210)

  • J'avoue que je ne comprends pas pourquoi on appelle lois les résultats qu'on peut tirer de la statistique; car la loi scientifique, selon moi, ne peut-être fondée que sur une certitude et sur un déterminisme absolu et non sur une probabilité. (p.221)

  • La conquête intellectuelle de l'homme consiste à faire diminuer et à refouler l'indéterminisme à mesure qu'à l'aide de la méthode expérimentale il gagne du terrain sur le déterminisme. (p.226)

  • La science et les savants sont cosmopolites, et il semble peut important qu'une vérité scientifique se développe sur un point quelconque du globe dès que tous les hommes, par suite de la diffusion générale des sciences, peuvent y participer. (p.239)



  • Troisième partie: Application de la méthode expérimentales à l'étude des phénomènes de la vie


  • Les hypothèses ont pour objet non seulement de nous faire faire des expériences nouvelles, mais elles nous font découvrir souvent des faits nouveaux que nous n'aurions pas aperçus sans elles. (p.262)

  • Quand le fait qu'on rencontre est en opposition avec une théorie régnante, il faut accepter le fait et abandonner la théorie, lors même que celle-ci, soutenue par de grands noms, est généralement adoptée. (p.264) [souligné par l'auteur]

  • ...il ne faut jamais rien négliger dans l'observation des faits, et je regarde, comme une règle indispensable de critique expérimentale de ne jamais rien admettre sans preuve l'existence d'une cause d'erreur dans une expérience. (p.268)

  • Il faut être en un mot, dans une disposition intellectuelle qui semble paradoxale, mais qui suivant moi, représente le véritable esprit de l'investigateur. Il faut avoir une foi robuste et ne pas croire; je m'explique en disant qu'il faut en science croire fermement aux principes et douter des formules;... (p.270)

  • Le principe du déterminisme expérimental n’admet pas les faits contradictoires. (p.279)

  • ... les faits négatifs considérés seuls n'apprennent jamais rien. (p.280)

  • Le culte dû à la vérité exige qu'on ne craigne jamais de revenir sur une erreur commise. [ citation de F.-A.Longet] (p.283)

  • La première condition pour un expérimentateur, c'est d'avoir confiance dans ses sens et de ne jamais douter que de ses interprétations. (p.284)

  • Quand l'hypothèse est soumise à la méthode expérimentale, elle devient une théorie; tandis que si elle est soumise à la logique seule, elle devient un système.... (p.350)

  • ..le meilleur système philosophique consiste à ne pas en avoir. (p.352)

  • Comme expérimentateur, j'évite donc les systèmes philosophiques, mais je ne saurais pour cela repousser cet esprit philosophique qui sans être nulle part, est partout, et qui, sans appartenir à aucun système, doit régner non seulement sur toutes les sciences, mais sur toutes les connaissances humaines. C'est ce qui fait que, tout en fuyant les systèmes philosophiques, j'aime beaucoup les philosophes et je me plais infiniment dans leur commerce. En effet, au point de vue scientifique, la philosophie représente l'aspiration éternelle de la raison humaine vers la connaissance de l'inconnu. (p.352)

    (lu dans dans la collection Poche-Club- 1963)



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dernière mise à jour : 23/11/2009 version: YF/04/2002