Jean Améry (1912 - 1978)

Par-delà le crime et le châtiment


  • [...] j'ai cru comprendre que la dignité est le droit à la vie que vous confère la société. (p.9)

  • La question qui s'impose, réduite à sa plus simple expression, est la suivante: la culture et la disposition fondamentalement intellectuelle ont-elles servi le détenu dans les moments cruciaux ? L'ont-elles aidé à sortir de l'enfer ? (p.29)

  • [dans les camps de concentration] Mais l'intellectuel se révoltait devant l'impuissance de la pensée, car au début il s'en remettait encore à cette sagesse folle et rebelle selon laquelle "ce qui n'a pas le droit d'exister ne peut exister". (p.39)

  • ...si l'homme libre confronté à la mort est capable d'adopter une certaine attitude mentale, c'est que pour lui la mort ne se confond pas entièrement avec les affres de l'agonie. (p.52)

  • On ne contemple pas le spectacle de l'homme déshumanisé, qui réalise ses exploits ou ses crimes monstreux, sans que tous les concepts innés de la dignité humaine soient remis en question. (p.56)

  • .. en dehors de toute expérience personnelle, je suis convaincu que pour le Troisième Reich la torture n'était pas un accident : elle en était l'essence même. (p.64)

  • Celui qui a été sousmis à la torture est désormais incapable de se sentir chez soi dans le monde. (p.95)

  • Ce n'est pas parce qu'il m'est devenu difficile d'être un être humain que je suis devenu un être inhumain. (p.210)


    (Actes Sud, 1995 Traduit de l'allemand par Françoise Wuilmart - première édition en 1966)



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dernière mise à jour : 20/01/2008 version: 20/01/2008