Eliette Abécassis (1969 -)

Un heureux évènement


  • L'important c'est le temps. Le temps qui s'arrêta, ce jour-là pour nous. Le temps qui nous fit la révérence de nous oublier, s'inclinant devant le miracle d'une rencontre, de deux coeurs qui se joignent et qui, l'espace d'un instant, ressentent le pouvoir de l'éternité, et de se comprendre en silence. (p.11)

  • Plus tard, tout s'est effacé de ma mémoire comme par magie. Intellectuellement, je sais que cela faisait très mal, mais psychologiquement, c'est comme si je n'avais rien ressenti. Comme si ce n'était pas à mon corps que cela était arrivé, mais à une autre qui me l'aurait raconté. Je pense que c'est la raison pour laquelle les femmes n'en parlent pas, ou sont gênées, et c'est aussi la raison pour laquelle elles peuvent avoir plusieurs enfants alors que, sur le moment, cela paraît impossible. Tout s'efface : Il doit y avoir un programme dans le cerveau qui supprime le souvenir de la douleur de l'accouchement. Chaque fois que j'essaie de revenir sur ce ressenti, la mémoire résiste. Les traces s'estompent quand je les convoque. Pire même : au fur et à mesure que le temps passe, j'y pense comme à une souffrance agréable. A un moment difficile mais plaisant. J'ai une certaine nostalgie des contractions d'avant la naissance. Intellectuellement, je sais que c'était dur. Psychologiquement, j'en garde un souvenir ému. (p.43/44)

  • Le véritable amour, c'est celui qui se construit dans l'évolution du temps, non celui qui se répète à l'identique comme on le souhaite dans le fantasme. (p.91)


    (Editions Albin Michel 2005. Lu dans la collection "Livre de Poche" n° 30731)



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dernière mise à jour : 08/08/2010 version: YF/04/2007